ERIC RECHSTEINER PHOTOGRAPHER

レヒシュタイナー・エリック 写真家

 
Samedi 30 juin 2007









                PARIS TAMIL IMAGES










Samedi 7 janvier 2006









Évocation


Elle était belle comme l'ombre d'une idée.

Ses épaules sentaient la peau fraîche d'une enfant;

à une pierre elle semblait - vite brisée,

au cri elle paraissait - une langue morte.

Elle n'avait pas de poids comme le halètement.

Souriante - larmoyante aux grandes larmes, rares -

elle était salée comme le sel poudroyant

consacré aux festins par les vieux barbares.

Elle était belle comme l'ombre d'une pensée.

Entre les eaux, elle était à elle seule, la terre affamée.


Nichita Stãnescu

 

 

 

 

Dimanche 1 janvier 2006





 





Die zwei blauen Augen


Die zwei blauen Augen von meinem Schatz,
Die haben mich in die weite Welt geschickt.
Da mußt ich Abschied nehmen vom allerliebsten Platz!
O Augen, blau! Warum habt ihr mich angeblickt?
Nun hab ich ewig Leid und Grämen!

Ich bin ausgegangen in stiller Nacht,
In stiller Nacht wohl über die dunkle Heide.
Hat mir niemand ade gesagt, ade!
Mein Gesell war Lieb und Leide!

Auf der Straße steht ein Lindenbaum,
Da hab ich zum erstenmal im Schlaf geruht!
Unter dem Lindenbaum, der hat
Seine Blüten über mich geschneit,
Da wußt ich nicht, wie das Leben tut,
War alles, ach, alles wieder gut!
Alles! Alles! Lieb und Leid!
Und Welt und Traum!




Gustav Mahler
Lieder eines fahrenden Gesellen



 





Vendredi 23 décembre 2005



APPARITION



La lune s'attristait.
Des séraphins en pleurs
Rêvant, l'archet aux doigts, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles

--C'était le jour béni de ton premier baiser.
Ma songerie aimant à me martyriser
S'enivrait savamment du parfum de tristesse
Que même sans regret et sans déboire laisse
La cueillaison d'un Rêve au coeur qui l'a cueilli.

J'errais donc, l'oeil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m'es en riant apparue

Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté
Qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant gâté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées.


 



Stéphane MALLARMÉ

Vers et prose (1893)

 






 

 





 

Vendredi 23 décembre 2005



ICH BIN ALLEIN



Je suis seul, je mets la fleur de cendre
dans le verre rempli de noirceur mûrie.

Bouche sœur, tu prononces un mot qui survit devant les fenêtres,
et sans un bruit, le long de moi, grimpe ce que je rêvais.

Je suis dans la pleine efflorescence de l’heure défleurie
et mets une gemme de côté pour un oiseau tardif :

il porte le flocon de neige sur la plume rouge vie;
le grain de glace dans le bec, il arrive par l’été.

 



Paul CELAN









 

 

 

 

 

 

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