ERIC RECHSTEINER PHOTOGRAPHER

レヒシュタイナー・エリック 写真家

 
Mardi 31 janvier 2006













When you are old and grey and full of sleep,

And nodding by the fire take down this book,

And slowly read and dream of the soft look

Your eyes had once and of their shadows deep;


How many loved your moments of glad grace,

And loved your beauty with love false or true,

But one man loved the pilgrim soul in you,

And loved the sorrows of your changing face;


And bending down beside the glowing bars,

Murmur, a little sadly, how love fled

And paced upon the mountains overhead

And hid his face amid a crowd of stars.



William Butler Yeats











 

Lundi 30 janvier 2006
















Un po' di pace basta a rivelare
dentro il cuore l'angoscia,
limpida, come il fondo del mare
 


Pier Paolo Pasolini
















Samedi 28 janvier 2006












    Ton sourire m'attire comme
    Pourrait m'attirer une fleur
    Photographie tu es le champignon brun
    De la forêt
    Qu'est sa beauté
    Les blancs y sont
    Un clair de lune
    Dans un jardin pacifique
    Plein d'eaux vives et de jardiniers endiablés
    Photographie tu es la fumée de l'ardeur
    Qu'est sa beauté
    Et il y a en toi
    Photographie
    Des tons alanguis
    On y entend
    Une mélopée
    Photographie tu es l'ombre
    Du Soleil
    Qu'est sa beauté




Guillaume Apollinaire





Vendredi 27 janvier 2006














          If you wish to travel far and fast, travel light.

          Take off all your envies, jealousies, unforgiveness, selfishness and fears.









Cesare Pavese















Jeudi 26 janvier 2006

















 "Devant l'objectif, je suis à la fois celui que je me crois,
 
celui que je voudrais qu'on me croie,
 
celui que le photographe me croit,
 
et celui dont il se sert pour exhiber son art".













Roland Barthes
La chambre claire



Mardi 24 janvier 2006












Je t'écris de dessous la tente

Tandis que meurt ce jour d'été

Où floraison éblouissante

Dans le ciel à peine bleuté

Une canonnade éclatante

Se fane avant d'avoir été





     Guillaume Apollinaire













Dimanche 22 janvier 2006















Tu t'en vas sans moi, ma vie.

Tu roules.

Et moi j'attends encore de faire un pas.

Tu portes ailleurs la bataille.

Tu me désertes ainsi.

Je ne t'ai jamais suivie.

Je ne vois pas clair dans tes offres.

Le petit peu que je veux, jamais tu ne l'apportes.

A cause de ce manque, j'aspire à tant.

A tant de choses, à presque l'infini...

A cause de ce peu qui manque, que jamais tu n'apportes




Henri Michaux


















 

Samedi 21 janvier 2006











Tout est un, la vague et la perle,
la mer et la pierre.
Rien de ce qui existe en ce monde
n'est en dehors de toi.
Cherche bien en toi-même
ce que tu veux être puisque tu es tout.
L'histoire entière du monde sommeille
en chacun de nous.

           

 

                                                 Rûmî, Djalâl-ud-Dîn
















Vendredi 20 janvier 2006

 




















Mercredi 18 janvier 2006







Dans Venise la rouge,
Pas un bateau qui bouge,
Pas un pêcheur dans l'eau,
Pas un falot.

Seul, assis à la grève,
Le grand lion soulève,
Sur l'horizon serein,
Son pied d'airain.

Autour de lui, par groupes,
Navires et chaloupes,
Pareils à des hérons
Couchés en ronds,

Dorment sur l'eau qui fume,
Et croisent dans la brume,
En légers tourbillons,
Leurs pavillons.

La lune qui s'efface
Couvre son front qui passe
D'un nuage étoilé
Demi-voilé.

Ainsi, la dame abbesse
De Sainte-Croix rabaisse
Sa cape aux larges plis
Sur son surplis.

Et les palais antiques,
Et les graves portiques,
Et les blancs escaliers
Des chevaliers,

Et les ponts, et les rues,
Et les mornes statues,
Et le golfe mouvant
Qui tremble au vent,

Tout se tait, fors les gardes
Aux longues hallebardes,
Qui veillent aux créneaux
Des arsenaux.

-- Ah ! maintenant plus d'une
Attend, au clair de lune,
Quelque jeune muguet,
L'oreille au guet.

Pour le bal qu'on prépare,
Plus d'une qui se pare,
Met devant son miroir
Le masque noir.

Sur sa couche embaumée,
La Vanina pâmée
Presse encor son amant,
En s'endormant;

Et Narcissa, la folle,
Au fond de sa gondole,
S'oublie en un festin
Jusqu'au matin.

Et qui, dans l'Italie,
N'a son grain de folie ?
Qui ne garde aux amours
Ses plus beaux jours ?

Laissons la vieille horloge,
Au palais du vieux doge,
Lui compter de ses nuits
Les longs ennuis.

Comptons plutôt, ma belle,
Sur ta bouche rebelle
Tant de baisers donnés...
Ou pardonnés.

Comptons plutôt tes charmes,
Comptons les douces larmes,
Qu'à nos yeux a coûté
La volupté !





Alfred de MUSSET
Contes d'Espagne et d'Italie
(1830)







 

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