Juliet
Wilt thou be gone? it is not yet near day:
It was the nightingale, and not the lark,
That pierced the fearful hollow of thine ear;
Nightly she sings on yon pomegranate-tree:
Believe me, love, it was the nightingale.
Romeo
It was the lark, the herald of the morn,
No nightingale: look, love, what envious streaks
Do lace the severing clouds in yonder east:
Night's candles are burnt out, and jocund day
Stands tiptoe on the misty mountain tops.
I must be gone and live, or stay and die.
Wilt thou be gone? it is not yet near day:
It was the nightingale, and not the lark,
That pierced the fearful hollow of thine ear;
Nightly she sings on yon pomegranate-tree:
Believe me, love, it was the nightingale.
Romeo
It was the lark, the herald of the morn,
No nightingale: look, love, what envious streaks
Do lace the severing clouds in yonder east:
Night's candles are burnt out, and jocund day
Stands tiptoe on the misty mountain tops.
I must be gone and live, or stay and die.
William Shakespeare
Romeo and Juliet
Act III Scene V Capulet's orchard
Romeo and Juliet
Act III Scene V Capulet's orchard
par ER
publié dans :
Tokyo
Je ne suis rien
Jamais je ne serai rien.
Je ne puis vouloir être rien.
Cela dit, je porte en moi tous les rêves du monde.
( ... )
Jamais je ne serai rien.
Je ne puis vouloir être rien.
Cela dit, je porte en moi tous les rêves du monde.
( ... )
Fernando Pessoa
par ER
publié dans :
Lanka

Le chat domestique a le pelage soyeux ; son échine est souple, électrique ; ses pattes sont bien armées,
ses griffes fortes ; il saute sur la proie qu'il convoite...
Mais le chat sauvage saute bien mieux : il ne manque jamais son coup. J'ai des chats sauvages plein la bouche.
ses griffes fortes ; il saute sur la proie qu'il convoite...
Mais le chat sauvage saute bien mieux : il ne manque jamais son coup. J'ai des chats sauvages plein la bouche.
Blaise Cendrars
par ER
publié dans :
Bonus
Billet
Pas les rafales à propos
De rien comme occuper la rue
Sujette au noir vol de chapeaux ;
Mais une danseuse apparue
Tourbillon de mousseline ou
Fureur éparse en écumes
Que soulève par son genou
Celle même dont nous vécûmes
Pour tout, hormis lui, rebattu
Spirituelle, ivre immobile
Foudroyer avec le tutu,
Sans se faire autrement de bile
Sinon rieur que puisse l’air
De sa jupe éventer Whistler
Pas les rafales à propos
De rien comme occuper la rue
Sujette au noir vol de chapeaux ;
Mais une danseuse apparue
Tourbillon de mousseline ou
Fureur éparse en écumes
Que soulève par son genou
Celle même dont nous vécûmes
Pour tout, hormis lui, rebattu
Spirituelle, ivre immobile
Foudroyer avec le tutu,
Sans se faire autrement de bile
Sinon rieur que puisse l’air
De sa jupe éventer Whistler
Stéphane Mallarmé
par ER
publié dans :
Lanka
Je ne sais pourquoi je vêts
Ma robe de clair de lune
Moi qui, déesse, pouvais
Si bien me passer d'aucunes
Ma robe de clair de lune
Moi qui, déesse, pouvais
Si bien me passer d'aucunes
Stéphane Mallarmé
par ER
publié dans :
Seoul
![]()
Évocation
Elle était belle comme l'ombre d'une idée.
Ses épaules sentaient la peau fraîche d'une enfant;
à une pierre elle semblait - vite brisée,
au cri elle paraissait - une langue morte.
Elle n'avait pas de poids comme le halètement.
Souriante - larmoyante aux grandes larmes, rares -
elle était salée comme le sel poudroyant
consacré aux festins par les vieux barbares.
Elle était belle comme l'ombre d'une pensée.
Entre les eaux, elle était à elle seule, la terre affamée.
Nichita Stãnescu
par ER
publié dans :
Paris

De profundis clamavi
J'implore ta pitié, Toi, l'unique que j'aime,
Du fond du gouffre obscur où mon coeur est tombé.
C'est un univers morne à l'horizon plombé,
Où nagent dans la nuit l'horreur et le blasphème;
Un soleil sans chaleur plane au-dessus six mois,
Et les six autres mois la nuit couvre la terre;
C'est un pays plus nu que la terre polaire
- Ni bêtes, ni ruisseaux, ni verdure, ni bois!
Or il n'est pas d'horreur au monde qui surpasse
La froide cruauté de ce soleil de glace
Et cette immense nuit semblable au vieux Chaos;
Je jalouse le sort des plus vils animaux
Qui peuvent se plonger dans un sommeil stupide,
Tant l'écheveau du temps lentement se dévide!
Charles Baudelaire
Les Fleurs du mal
J'implore ta pitié, Toi, l'unique que j'aime,
Du fond du gouffre obscur où mon coeur est tombé.
C'est un univers morne à l'horizon plombé,
Où nagent dans la nuit l'horreur et le blasphème;
Un soleil sans chaleur plane au-dessus six mois,
Et les six autres mois la nuit couvre la terre;
C'est un pays plus nu que la terre polaire
- Ni bêtes, ni ruisseaux, ni verdure, ni bois!
Or il n'est pas d'horreur au monde qui surpasse
La froide cruauté de ce soleil de glace
Et cette immense nuit semblable au vieux Chaos;
Je jalouse le sort des plus vils animaux
Qui peuvent se plonger dans un sommeil stupide,
Tant l'écheveau du temps lentement se dévide!
Charles Baudelaire
Les Fleurs du mal
par ER
publié dans :
Istanbul
The Ballad of East and West
Oh, East is East, and West is West, and never the twain shall meet,
Till Earth and Sky stand presently at God's great Judgment Seat;
But there is neither East nor West, Border, nor Breed, nor Birth,
When two strong men stand face to face, though they come from the ends of the earth!
( ... )
Oh, East is East, and West is West, and never the twain shall meet,
Till Earth and Sky stand presently at God's great Judgment Seat;
But there is neither East nor West, Border, nor Breed, nor Birth,
When two strong men stand face to face, though they come from the ends of the earth!
( ... )
Rudyard Kipling
par ER
publié dans :
Tokyo
Si...
Si les branches frappent les vitres
Et tremblent encor les peupliers,
C'est pour t'avoir dans mon esprit
Et doucement te rapprocher.
Si les étoiles aux profondeurs
Du lac miroitent dans la nuit,
C'est pour apaiser ma douleur,
Pour rasséréner mon esprit.
Si Ies nues s'en vont à leur tour
Et la lune vibre d'éclat,
C'est pour que je puisse toujours
Me souvenir ainsi de toi.
Mihai Eminescu
par ER
publié dans :
Tokyo
Helas!
To drift with every passion till my soul
Is as a stringed lute on which all winds can play,
Is it for this that I have given away
Mine ancient wisdom and austere control?
Methinks my life is a twice-written scroll
Scrawled over on some boyish holiday
With idle songs for pipe and virelay,
Which do but mar the secret of the whole.
Surely there was a time I might have trod
The sunlit heights, and from life’s dissonance
Struck one clear chord to reach the ears of God:
Is that time dead? Lo! with a little rod
I did but touch the honey of romance—
And must I lose my soul’s inheritance?
To drift with every passion till my soul
Is as a stringed lute on which all winds can play,
Is it for this that I have given away
Mine ancient wisdom and austere control?
Methinks my life is a twice-written scroll
Scrawled over on some boyish holiday
With idle songs for pipe and virelay,
Which do but mar the secret of the whole.
Surely there was a time I might have trod
The sunlit heights, and from life’s dissonance
Struck one clear chord to reach the ears of God:
Is that time dead? Lo! with a little rod
I did but touch the honey of romance—
And must I lose my soul’s inheritance?
Oscar Wilde
par ER
publié dans :
Collection